Tennis. Dopage - Lucas Pouille : "On est responsables de tout ce qu’on prend"
Dans la tourmente depuis des mois avec son affaire de dopage, Jannik Sinner, numéro 1 mondial, a finalement passé un accord avec l'Agence Mondiale Antidopage pour être suspendu trois mois, après ses contrôles positifs survenus en 2024. Le roi de l'ATP a ainsi évité l'audience au Tribunal Arbitral du Sport en avril, où il risquait 1 à 2 ans de suspension. Mais forcément, cet "arrangement" dérange. Nick Kyrgios, Stan Wawrinka, Daniil Medvedev, Benjamin Bonzi, Novak Djokovic ou encore Alexander Zverev n'ont pas hésité à critiquer les instances et cette décision. Lucas Pouille, déjà très perplexe l'année dernière au moment où le contrôle positif de Sinner avait été révélé, a du mal à comprendre cet accord.
Vidéo - Lucas Pouille sur l'affaire Jannik Sinner en octobre 2024
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"Ce que je trouve bizarre, c’est l’accord trouvé"
"On entendait parler depuis des semaines qu’il prendrait un ou deux ans de suspension en avril après Indian Wells et Miami," a-t-il confié dans l'émission Bartoli Time sur RMC. "Tout le monde en interne disait que c’était quasiment sûr. Quand ils ont annoncé qu’il allait être suspendu trois mois dans une période très stratégique, c’est bien fait. Il ne ratera aucun Grand Chelem. Ce que je trouve bizarre, c’est l’accord trouvé. En connaissant la personne et en la côtoyant depuis plusieurs années, je ne pense pas que Sinner se soit dopé intentionnellement. Mais on est responsables de tout ce qu’on prend et qu’on nous donne. Sinon, c’est trop facile. Le tricheur pourra toujours dire ‘ce n’est pas moi, c’est mon kiné, mon entraîneur’. A quel moment est-ce la vérité? Un mensonge?"
Lucas Pouille réagit dans Bartoli Time à la suspension de 3 mois de Sinner :
— RMC Sport (@RMCsport) February 16, 2025
? "Depuis le début, cette histoire est bizarre. Ce qui me dérange, c'est qu'en fonction de qui on est, de l'ntérêt qu'on représente pour le sport, on n'a pas les mêmes traitements." pic.twitter.com/wdg3hSoVfM
"Si on te condamne pour quelque chose, ça veut dire qu’il y a une faute"
"Ce qui me dérange aussi, c’est quand on nous dit ‘il nous a prouvé qu’il n’était pas dopé’. Pourquoi le condamner? Soit on dit qu’on a décidé de le blanchir complètement parce que pour nous il n’a rien fait de mal, c’est complètement à son insu et ça n’a pas joué sur sa performance, on le blanchit. A partir du moment où on te condamne pour quelque chose, ça veut dire qu’il y a une faute. Si cette faute est commise, il doit être comme tout le monde puni et suspendu comme 98% des joueurs l’ont été. C’est ça qui est dérangeant. Personne ne pense que lui-même se soit dopé, par contre tout le monde pense que ça a été très mal géré. Daniil Medvedev l’a dit, on verra au prochain cas s’il y aura une négociation ouverte."
Djokovic : "La plupart des joueurs pensent que ce n'était pas juste, qu'il y a eu du favoritisme"
Un avis rejoint par Novak Djokovic. "J'ai vu les nouvelles, les cas d'Iga Swiatek et de Jannik Sinner ont suscité beaucoup d'attention, ce n'est pas une bonne image pour notre sport, c'est certain. Il y a un consensus ou une majorité de joueurs qui parlent dans le vestiaire, et pas seulement ces derniers jours. Ils ne sont pas satisfaits de la façon dont ce processus a été mené. La plupart des joueurs pensent que ce n'était pas juste, qu'il y a eu du favoritisme, que cela peut affecter le processus lorsque vous êtes un joueur de haut niveau. Swiatek et Sinner sont innocents jusqu'à preuve du contraire. Sinner a été suspendu pour trois mois en raison des erreurs commises par son équipe."