Tennis. INTERVIEW - Charles-Antoine Brézac : "Alizé Lim ? On a rapidement validé sa WC"
L'Engie Nantes Open a connu une petite révolution en 2025. Habituellement placé en fin de saison, autour de la Toussaint, le 50 000$ nantais se dispute désormais sur la première semaine d'avril. Un changement positif pour son directeur Charles-Antoine Brézac, qui a rempilé pour une deuxième année, seulement cinq mois après le succès de l'automne 2024. L'ancien joueur professionnel (ex-239e) a attiré un beau plateau : Jessika Ponchet, Manon Léonard, Harmony Tan et plusieurs jeunes pépites en devenir : Jeline Vandromme (17 ans, n°5 mondiale chez les juniors, éliminée d'entrée), Mia Pohankova (16 ans, 1 titre professionnel) ou encore Renata Jamrichova (17 ans, tenante du titre de l'Open d'Australie et Wimbledon juniors, éliminée également). Alizé Lim a obtenu une wild-card qualifications mais a abandonné dès son premier match. Mais le titre sera-t-il encore Français après Océane Dodin en 2023 et Léolia Jeanjean en 2024 ? "Jamais deux sans trois : je signe tout de suite" a avoué le Breton.
Vidéo - Charles-Antoine Brézac est à la tête de l'Engie Nantes Open
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"Le tournoi compte encore pour les qualifications de Roland-Garros"
"On avait anticipé ce changement de date donc l'organisation s'est bien passée" a confié Charles-Antoine Brézac. "Il y a eu un vrai avantage : les sujets étaient frais dans les têtes. On savait quels étaient les points positifs de 2024, et ceux à améliorer. Structurellement, on a surfé sur l'édition précédente." Un placement différent dans le calendrier, mais pas handicapant. "Le tournoi compte encore pour les qualifications de Roland-Garros, donc c'est une bonne chose. La date est cohérente, et les prochaines éditions vont nous le confirmer. Cette année, on a joué de malchance car on devait avoir le W75 de Croissy-Beaubourg avant nous, mais il a été annulé pour cause de travaux. On aurait aimé avoir la liste d'un 75 pour poursuivre sur un 50, comme c'était le cas avec Poitiers qui nous précédait lors des anciennes dates."
"Alizé Lim ? Je trouve sa démarche intéressante de se redonner une chance"
Le choix des wild-cards est toujours un casse-tête pour un directeur de tournoi. Alizé Lim a eu sa chance à Nantes, mais comme au Havre une semaine plus tôt, a abandonné au premier tour des qualifs. Elle était menée 6-3, 3-1 contre la Suédoise Lisa Zaar. "C'est elle qui nous a contactés. Elle a émis le souhait et l'envie de revenir vers les qualifications de Grand Chelem. C'est son objectif. Il faut que ça passe par des plus gros tournois pour marquer des points. Elle a été une très bonne joueuse. On a répondu positivement car je trouve la démarche intéressante de vouloir se redonner une chance de revenir. On a assez rapidement validé sa demande de wild-card."
"Je n'ai pas d'intérêt à inviter une joueuse qui n'a pas du tout le niveau, juste pour faire plaisir"
Dans le grand tableau, la chance a été donnée à plusieurs tricolores. "On les choisit en collaboration avec la Fédération française de tennis (FFT) qui détient certaines wild-cards. Ensuite, je suis attaché à la fidélité. Alice Robbe et Tiphanie Lemaître sont déjà venues et ont eu de bons mots sur le tournoi. Elles ont aussi des parcours différents. Alice Robbe est membre de l'équipe de France universitaire. Je suis attaché à ce double projet, surtout pour les joueuses qui n'ont pas encore un classement leur permettant de bien vivre. Tiphanie Lemaître a été aux Etats-Unis. Mallaurie Noël est une locale. C'est intéressant pour le public nantais, et elle avait bien performé en 2024. Il y a aussi une question sportive. Je n'ai pas d'intérêt à inviter une joueuse qui n'a pas du tout le niveau, juste pour faire plaisir, et qui va passer un mauvais moment. Je veux mettre en avant cette légitimité sportive."
"J'aurais bien aimé avoir Loïs Boisson"
L'objectif, c'est avant tout d'attirer les talents de demain. Mia Pohankova (16 ans), Renata Jamrichova (17 ans) et Jeline Vandromme (17 ans) sont de passage dans le 44. "Je suis beaucoup le tennis, principalement le circuit secondaire" a poursuivi le directeur du tournoi. "J'aime voir les profils qui montent, celles qui vont peut-être devenir Top 100 ou mieux dans les mois ou années à venir. J'aurais bien aimé avoir Loïs Boisson par exemple, qui revient après une grosse blessure. Je pense qu'elle a privilégié la terre battue. Quand ces joueuses progressent, on peut dire qu'elles sont passées par Nantes et ça aura été une étape de leur progression, ce qui est la vocation du tournoi. Quand on voit des profils jeunes s'inscrire, on est hyper content. Certains résultats en juniors ou sur leur début en pro sont très prometteurs, comme Jeline Vandromme (17 ans). On a espoir de les voir aller beaucoup plus haut. Alexandra Eala (aujourd'hui 75e) est passée par Nantes, comme Alizé Cornet, Ons Jabeur, Kristina Mladenovic ou Caroline Garcia."